• L'envie

    Si l’envie d'une fessée me prenait
    Jamais je ne pourrais imaginer

    Qu’elle ne revienne jamais.

    Je pourrais la vanille oublier
    Menottes, godes, et même le collier
    Et même tes doigts qui farfouinent
    Fouillent, visitent, cherchent et devinent
    Le clapotis nettement obscène
    De mon seuil suavement indigène.
    Aucun accessoire ne peut remplacer
    Aucun accessoire ne peut substituer…
    Ta paume se chauffe, elle donne, soumet
    Sur mes deux joues rondes consternées
    Cambrée, les deux sphères deviennent rouges
    Luisantes comme les fanaux d’un gouge
    S’illuminent, se croient hédonistes
    Mes mains tapent, évitent, résistent
    Restent coincées, bloquées dans tes paluches
    Par toi dont les piqûres viennent et trébuchent
    Et sentir ton sexe dur sous mon ventre
    Tête basse, le sang me cogne aux tempes
    Sur tes cuisses, tes genoux, ballottée
    Je résiste à me faire fustiger
    Je m’agrippe, insistant tu me retiens
    Tes pieds, ton corps retenant le mien
    En déshabillé de soie, ou bas couture
    Culotte roulée, talons ou pure
    De la musique de ma bouche, ta main écoute
    Ton oreille amusée, mes fesses goûtent
    Le rythme tu doses, tu fais vibrer ton violon
    Celle que je suis n’ose, n’a pas le front
    Des ondulations esquissent mes mouvements en vain
    De la pluie orageuse juste après le crachin
    De ton œil à ton oreille, tu juge, jauge, fait merveille
    Nous vibrons d’un seul corps, restons en éveille
    Ta suppliciée te supplie de ses plaintes cette danse
    L’arrière de mon train prend mal à suivre la cadence
    De la pointe des cheveux jusqu’au bout de mes pieds
    Même si je râle, mendie juste pour me poser
    Pause contradictoire, je souffle et repars
    A l’assaut vers ce divin et somptueux art,
    Tes mains lourdes comme cheval de labeur
    S’abattent sur les mappemonde toute en couleur
    Saisissant à la volée ton insatiable penchant
    Ne dure jamais assez, ne prend pas le temps
    Je veux de la grêle, du tapage, des incendies
    Tout ce qui frise mon oreille me laisse seule dans la nuit
    Dans un effroi des sens du «sans dessus dessous»
    Dans un émoi des sens tu persiste et donne tout.

    Si l’envie d'une fessée me prenait
    Jamais je ne pourrais imaginer
    Qu’elle ne revienne jamais.

    Image de la galerie La place rouge de Red Charls


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :